Guide du primo-repreneur

Reprendre une entreprise pour la première fois

Vous n'avez jamais racheté de société. Vous allez pourtant devoir juger un prix, lire des bilans et convaincre une banque, dans cet ordre. Voici les repères qui comptent vraiment, et à quel moment ils comptent.

Le parcours

Quatre phases, et l'erreur classique de chacune

La recherche
Vous consultez les annonces de cession, les réseaux de repreneurs, les chambres de commerce. Vous recevez des dossiers hétérogènes, souvent flatteurs.
L'erreur : tomber amoureux de la première cible et cesser d'en regarder d'autres. Sans point de comparaison, vous n'avez aucun moyen de juger un prix.
L'analyse des chiffres
Le cédant transmet ses liasses fiscales, généralement sur trois exercices. C'est le moment où le dossier devient concret, ou s'écroule.
L'erreur : regarder le chiffre d'affaires et le résultat net, et s'arrêter là. Le résultat net se pilote ; l'excédent brut d'exploitation et la trésorerie, beaucoup moins.
Le financement
Vous montez le plan avec votre apport, l'emprunt bancaire et éventuellement un prêt d'honneur ou une garantie Bpifrance. La banque veut voir que l'entreprise rembourse toute seule.
L'erreur : arriver au rendez-vous bancaire sans avoir chiffré la capacité de remboursement. C'est la première question posée, et elle décide de la suite.
L'audit et la signature
Sur la cible retenue, un expert-comptable et un avocat vérifient les comptes, les contrats, les baux et les engagements. Puis vient la garantie d'actif et de passif.
L'erreur : vouloir économiser sur cette étape. C'est la seule qui vous protège juridiquement après la signature.

Reprease intervient sur la phase 2 et prépare la phase 3. Les phases 1 et 4 restent votre terrain et celui de vos conseils.

Les fondamentaux

Les six chiffres qui décident, dans l'ordre

Si vous ne deviez en retenir que six dans une liasse fiscale, ce sont ceux-là. Reprease les extrait et les commente automatiquement, mais autant savoir ce qu'ils veulent dire.

Les six indicateurs essentiels d'une liasse fiscale pour un repreneur
Indicateur Ce qu'il vous dit Le signal d'alerte
Excédent brut d'exploitation Ce que l'activité dégage réellement, avant les choix de financement et d'amortissement. C'est la base de la valorisation et du remboursement. Un EBE qui baisse alors que le chiffre d'affaires monte : la croissance se fait au détriment de la marge.
Rémunération du dirigeant Un cédant peu payé gonfle artificiellement le résultat. Il faut normaliser ce poste au salaire d'un dirigeant de remplacement, c'est-à-dire vous. Une rémunération très basse ou nulle sur les derniers exercices, juste avant la mise en vente.
Besoin en fonds de roulement L'argent immobilisé en stocks et en créances clients. Il faudra le financer dès le premier jour, en plus du prix d'achat. Un BFR qui augmente plus vite que l'activité : chaque euro de croissance coûtera de la trésorerie.
Trésorerie nette Le coussin réel. En rachat de parts sociales, elle vient avec la société et peut alléger votre financement. Une trésorerie qui fond d'un exercice à l'autre sans investissement en face.
Endettement net Les dettes financières moins la trésorerie. Rapporté à l'EBE, il dit combien d'années d'activité seraient nécessaires pour tout rembourser. Au-delà de trois années d'EBE, la banque devient nettement plus réservée.
Concentration client La part du chiffre d'affaires réalisée avec le plus gros client. C'est le risque le moins visible dans une liasse et le plus destructeur. Un client au-delà de 25 % du chiffre d'affaires, surtout s'il est lié au dirigeant sortant.

Vous avez une liasse sous les yeux en ce moment ?

Déposez-la : Reprease en sort ces six chiffres et leur lecture, plus le score, la valorisation et le financement. La première analyse est offerte.

Questions fréquentes

Ce que se demandent les primo-repreneurs

Quel apport faut-il pour reprendre une PME ?

Les banques attendent en général entre 20 et 30 % du prix d'acquisition en apport personnel, complétés le cas échéant par un prêt d'honneur ou une garantie Bpifrance. Le simulateur de financement vous donne le montant qui sort réellement de votre poche selon le montage retenu.

Comment savoir si le prix demandé par le cédant est juste ?

En le confrontant à plusieurs méthodes de valorisation : multiples d'excédent brut d'exploitation, rentabilité, actif net corrigé. Un prix cohérent sur les trois angles est défendable ; un prix qui ne tient que sur une méthode mérite une discussion. Reprease calcule les trois à partir des bilans que vous déposez.

Faut-il racheter le fonds de commerce ou les parts sociales ?

Racheter les parts sociales, c'est reprendre la société avec son passé : sa trésorerie, mais aussi ses dettes et ses litiges. Racheter le fonds de commerce, c'est n'acquérir que l'activité, sans le passif. Le choix change le prix, la fiscalité et le montage de financement : c'est une décision à prendre avec votre avocat et votre expert-comptable.

Combien de temps prend une reprise d'entreprise ?

Comptez généralement de six mois à deux ans entre le début de la recherche et la signature, avec plusieurs cibles étudiées puis abandonnées en chemin. C'est précisément pour cette phase de tri que Reprease est conçu.

Quels sont les signaux d'alerte dans un bilan ?

Une trésorerie qui se dégrade d'un exercice à l'autre, un besoin en fonds de roulement qui grossit plus vite que le chiffre d'affaires, une marge qui s'érode, un endettement qui monte sans investissement en face, une dépendance forte à un client unique ou au dirigeant sortant. Reprease remonte ces points automatiquement et les formule en questions à poser au cédant.

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